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Renforcer le pouvoir des organisations artistiques à l’ère de l’information

ANNA MATHEW, Knowledge Associate, Young Associates |

Techniquement, je suis bibliothécaire. Pourquoi alors être membre de Consultants canadiens en arts?

Eh bien, je travaille chez Young Associates, une équipe de consultants qui travaille principalement avec des organisations artistiques et qui leur fournit une multitude de services, notamment de gestion financière et de gestion de données. Je suis d’avis que le domaine de la bibliothéconomie, aujourd’hui souvent appelée « sciences de l’information », « étude de l’information » ou simplement « information », a de vastes applications au-delà des secteurs bien connus – public, universitaire et scolaire – ainsi que des entreprises traditionnelles (dont le secteur juridique et médical). Désormais, le spécialiste de l’information n’est plus confiné dans sa bibliothèque et se voit  souvent confié un rôle intégré au sein d’une organisation dont le mandat n’est aucunement lié à l’information. Cette organisation a néanmoins besoin de quelqu’un qui mènera des recherches et se chargera de la gestion stratégique de l’information à l’appui de son mandat. En somme, en cette ère de l’information, un bibliothécaire peut se voir embauché n’importe où.

Il n’est pas surprenant que peu d’organisations artistiques puissent se permettre d’embaucher de façon permanente un spécialiste de l’information faisant partie intégrante de l’organisation. Bien sûr, certaines des plus grandes organisations emploient un ou deux spécialistes, mais dans la majorité des cas, le fardeau administratif et les contraintes budgétaires des organisations artistiques sont tels qu’il est difficile pour celles-ci d’envisager la création d’un poste officiel de gestionnaire de l’information. C’est ici que les consultants artistiques entrent en scène.

Dans l’édition de mai 2014 du cyberbulletin de ACCA, ma collègue Samantha Zimmerman de Young Associates décrit le rôle que peuvent jouer les consultants pour amener les organisations artistiques à traiter leurs données statistiques selon la méthode « SMART », à établir des objectifs et à mettre en place des systèmes intégrant les données à un contexte élargi, pour mieux conserver et communiquer l’histoire de l’organisation. Ce point de vue est repris par Negin Zebarjad, consultante chez Nordicity, une firme d’experts-conseils qui a organisé en janvier une table ronde Artscape Launchpad intitulée « Le pouvoir de l’information pour communiquer son influence ». Zebarjad met l’accent sur une bonne conception et l’établissement d’objectifs clairs, et souligne l’importance de réfléchir à l’information déjà recueillie et aux façons d’intégrer celle-ci à ce qu’une organisation souhaite communiquer à son sujet. Au cours de la table ronde, des représentants des principaux organes de financement ont indiqué qu’au moment d’évaluer l’impact, il est important de voir un juste équilibre entre les données qualitatives et quantitatives. Des données organisées intelligemment – c’est‑à‑dire recueillies, conservées, analysées et présentées selon des systèmes bien conçus en fonction d’objectifs bien définis – font en sorte qu’un équilibre qualitatif-quantitatif soit possible. Cet aspect gagne en pertinence à l’heure où le CADAC étudie les éventuelles corrélations entre les données financières et statistiques qu’il reçoit.

Le rôle du consultant spécialiste de l’information auprès des organisations artistiques va plus loin que le simple fait d’accéder ou de manipuler une base de données. En effet, nous pouvons aider les organisations artistiques à comprendre comment l’information se déplace au sein de l’écosystème organisationnel et est influencée par les logiciels, par l’équipement informatique et, surtout, par les gens. Grâce à des exercices stratégiques, tels que l’élaboration de schémas sur la circulation des données organisationnelles et l’établissement d’objectifs, nous pouvons augmenter l’efficacité et renforcer l’identité d’une organisation. Il en est de même pour l’organisation de certaines activités concrètes, comme la conception et l’organisation de bases de données.

Pour emprunter les mots d’un de mes enseignants préférés à la iSchool de l’Université de Toronto : « Un bibliothécaire aide les gens à trouver des choses. » (Je dois l’admettre, il n’a peut-être pas employé le mot « choses ».) Un autre enseignant a pour sa part présenté une courte définition accrocheuse du rôle d’« architecte de l’information » (un type de spécialiste de l’information) : « s’assurer que les gens trouvent ce qu’ils cherchent sans s’égarer ni s’embrouiller ».

Les consultants artistiques, munis de compétences en information, peuvent faire ces deux choses en aidant les organisations à bien connaître l’information et en encourageant leurs parties prenantes à utiliser cette information pour travailler efficacement, mener à bien leur mandat et élargir leur portée.

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